••• 4 nouveaux Introuvables Wild Side
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Ce jeudi 25 février sont sortis 4 nouveau DVD de la collection des Introuvables de chez Wild Side : Qu'as-tu fait à la guerre papa ?, Trapèze, Paris Blues et Guêpier pour trois abeilles. Quatre sorties précieuses permettant de (re)découvrir des oeuvres méconnues de cinéastes fameux.
Dans Qu'as-tu fait à la guerre papa ? (1966), que Blake Edwards cosigne avec William Peter Blatty (L'exorciste, La neuvième configuration), une compagnie américaine chargée d'occuper un village sicilien en 1943 se trouve prise au dépourvue devant l'accueil chaleureux et festif des autochtones. Fraternisant sous l'effet de l'alcool avec ceux qui sont officiellement leurs ennemis, les militaires mettent alors en place une gigantesque embrouille destinée à donner le change à leurs supérieurs respectifs. Un imbroglio qui se compliquera encore avec l'arrivée d'un escadron allemand peu enclin à jouer le jeu.
Si quelques-unes des premières scènes le feraient presque ressembler à un film de guerre "normal", l'arrivée dans la bourgade italienne et un ballon de volley au bout d'une baïonette mettent les choses au point : voilà une comédie parfaitement enjouée, qui bénéficie d'une écriture solide et d'un rythme soutenu la rendant absolument délicieuse. Danis Tanovic (No man's land), Christian Carion (Joyeux Noël) ou encore Ben Stiller (Tropic thunder) ont-ils vu ce film avant de réaliser les leurs ? Qu'as-tu fait à la guerre papa ? s'impose en tout cas comme l'aïeul - et le supérieur - de toutes ces oeuvres tournant en dérision la guerre et ceux qui la font pour mieux faire baigner dans l'absurde leur réflexion sur celle-ci. Le scénario va assez loin, fonçant dans la farce dès le premier quart d'heure pour ensuite ne relâcher son emprise burlesque qu'au gré d'une poignée de scènes plus graves - l'arrivée des allemands n'est pas franchement un moment de détente. Mené par un James Coburn aussi massif que l'impose son rôle, voilà encore une petite merveille dénichée par Wild Side et qui complètera idéalement votre collection Blake Edwards.
À noter qu'une édition import zone 1 existe depuis mai 2008. Elle est éditée par MGM/UA, comporte des sous-titres français et une piste en VO Stéréo 2.0 ainsi qu'une autre en DD 2.0 mono. Certainement la même au demeurant très bonne que propose ici Wild Side qui n'a donc pas jugé bon de mettre aussi celle en Stéréo préférant lui adjoindre la VF encodée de la même façon. Par contre pas de suppléments alors que Wild Side s'est fendu d'un document vidéo certes cheap dans la forme mais qui a le mérite d'exister.
Il donne la parole à l'historien du cinéma Noël Simsolo et à l'universitaire Christophe Repplinger qui en profitent pour remettre le film dans son contexte et évoquent, entre autres choses, la fascination d'Edwards pour le déguisement et son travail sur la musique, plus complexe qu'il n'y paraît (Blake Edwards à boulets rouges, 26min).
Réalisé par Carol Reed en 1956, Trapèze ne perd pas de temps à démarrer puisqu'il lui faut moins de 2 heures pour décrire le traumatisme qui va hanter son héros pendant l'intégralité du film. Incarné par Burt Lancaster - lui-même ancien trapéziste devenu acteur après une blessure -, Mike Ribble est victime lors du prégénérique d'une terrible chute que le filet de protection ne suffira pas à amortir. Devenu accessoiriste de cirque, il va cependant rempiler pour apprendre au jeune Tino (Tony Curtis) la figure dont il est le seul spécialiste. La mise en scène de Carol Reed et les cascades effectués par les acteurs eux-mêmes font du film un grand moment d'exaltation aux nombreuses montées d'adrénaline.
D'autant que Trapèze n'est pas un simple "film de cirque" : c'est aussi et surtout un mélodrame franchement réussi sur le bon vieux principe du triangle amoureux. Et quand les partenaires de trapèze, discipline exigeant calme et confiance, se battent pour la même femme (ah, Gina), le drame n'est jamais loin et la tension ne redescend qu'à de rares occasions. Dans les scènes de cirque comme ailleurs, Reed fait preuve d'un réalisme cru qui trouve une étonnante synergie avec l'aspect forcément onirique de cet univers. De nombreux films de sport ont ensuite réexploité d'opposer l'élève et le mentor au sein d'un conflit sentimental capable de décupler leur efficacité ou de les miner à jamais. Le film de Carol Reed y parvient à merveille.
En marge du film nous est proposé un entretien avec Christian Viviani, historien du cinéma qui revient sur la genèse de ce film de commande pour lequel Lancaster est venu chercher Carol Reed. Il dissèque brièvement le défi esthétique que constitue le film. (Sous le chapiteau de Carol Reed, 13min)
Tourné au Club 33 de Saint-Germain-des-Prés, Paris blues (1961) est avant tout l'histoire d'une amitié et un plaidoyer contre le racisme. Martin Ritt met en scène deux musiciens américains (Paul Newman et Sidney Poitier) installés à Paris mais hésitant à rentrer au bercail après leur rencontre avec deux compatriotes auxquelles ils se sont plus qu'attachés. Mais Eddie (Poitier) est plus que réticent à cette idée, ne voulant pas revivre le racisme qui l'a tant fait souffrir aux States alors qu'il est apparemment bien mieux traité à Paris. C'est là tout le dilemme posé par le film : se tenir à l'écart des gens et lieux détestables, ou aller au contact pour lutter contre le fléau qui les ronge ? La réflexion menée par Ritt n'est sans doute pas la plus fine du monde, mais le film a son charme et distille quelques arguments plutôt acceptables.
Si l'on est en droit de ne pas être passionné plus que de raison par le fond du film, la forme est quant à elle nettement plus attrayante : filmé dans un noir et blanc extrêmement seyant, Paris blues est un divertissement faisant preuve d'une francophilie charmante et désuète doublé d'un incroyable film jazzy. Avec des pointures telles que Louis Armstrong et Serge Reggiani - en double de Django - au générique, il a de quoi faire swinguer dans les chaumières et s'y emploie à merveille. Ce qui n'est déjà pas si mal...
En guise de complément au film, le DVD nous offre un entretien avec François Guérif (directeur de la collection littéraire Rivages/Noir) et Gilles Mouëllic (auteur de Jazz et cinéma), qui évoquent un film selon eux très sous-estimé, l'un des premiers à faire de musiciens de jazz des héros de fiction (Hollywood Jazz, 26min).
Réalisé par Joseph L. Mankiewicz en 1967, Guêpier pour trois abeilles est une relecture de Volpone, fameuse pièce britannique du dix-septième siècle dans laquelle un célibataire richissime mais sans descendance pousse le cynisme jusqu'à se prétendre mourant pour attirer les candidats à la succession. Aussi riche que le fameux Volpone et apparemment dans la même situation familiale, Cecil Fox (Rex Harrison, dont c'est le quatrième film avec Mankiewicz) décide de rejouer la pièce à sa manière.
On a souvent accusé de Mankiewicz de s'être laissé aller à un pure misogynie, les trois abeilles du titre étant trois femmes de l'entourage de Fox visiblement prêtes à tout pour récupérer sa fortune après sa disparition. De prime abord, c'est en effet le sentiment qui peut prédominer ; seulement, le scénario écrit par Mankiewicz est si retors qu'il devient franchement difficile de continuer à l'accuser d'une telle chose. Dans cette comédie noire et amère, hommes et femmes sont tous empreints de la même médiocrité et menés par une avidité qui ne les honore pas vraiment. D'un tel script, le cinéaste aurait facilement pu tirer un thriller de haute volée ; mais le traitement rigolard et désabusé lui permet de fignoler une belle réflexion sur le pouvoir du mensonge. Un véritable bijou.
En bonus, Patrick Brion et Pascal Mérigeau (qui ont écrit, chacun de son côté, un ouvrage sur Mankiewicz) reviennent brièvement sur la carrière du cinéaste avant de revenir en détail sur le film (Miel amer, 26min).
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LA COMMUNAUTÉ
CLIQUEZ ICI POUR RÉAGIR!| 28/02/2010 01:19 par douze112 J’ai vu Paris Blues le mois dernier sur TCM, c’est quand même bien mauvais. 100% de clichés (1/3 problemes raciaux, 1/3 artistes maudits, 1/3 histoires de fesse), un Serge Reggiani involontairement hilarant en simili-Django junkie…et quand meme une super séquence avec Louis Armstrong au bout d’une heure de film. Ca [...] LIRE LA SUITE | |
26/02/2010 10:29 par La Rédaction4 nouveaux Introuvables Wild SideVous pouvez discuter ici de l’article 4 nouveaux Introuvables Wild Side.
Cliquez ici pour lire l’article complet : http://www.ecranlarge.com/article-details-15105.php
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